Le réalisateur Raphaël Glucksmann a annoncé ce matin la mort de son père, André Glucksmann. Le philosophe, connu notamment pour ses coups de gueule et ses prises de position tranchées, avait 78 ans.
LE PHILOSOPHE FRANCAIS André GLUCKSMANN EST MORT CE MATIN A 78 ANS
Par M6 Info
André Glucksmann, 78 ans, est mort dans la nuit du 9 au 10 novembre. C'est son fils Raphaël, réalisateur, qui a annoncé la nouvelle ce matin, dans un court message plein d'émotion, publié sur Facebook.
UN ENFANT CACHE PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE
André Glucksmann, né en 1937 a traversé presqu'un siècle de débats dans le milieu intellectuel français. D'origine polonaise, juif, il a été profondément marqué par l'Occupation durant laquelle il a été un enfant caché. Son père est mort au début de la guerre tandis que sa mère s’est engagée dans la Résistance.
Plus tard, il entre à l'école Normale Supérieure et obtient l'agrégation de philosophie en 1961.
DU MARXISME A LA DENONCIATION DU TOTALITARISME
D'abord engagé à gauche, grand admirateur du maoïsme, il rompt ensuite spectaculairement avec le marxisme après la publication de L'Archipel du goulag de Soljenitsyne, en 1974. André Glucksmann ne cessera ensuite de dénoncer les excès du totalitarisme. Il publiera notamment sur ce sujet, en 1975, "La cuisinière et le mangeur d'homme".
PORTE-PAROLE DES "BOAT PEOPLE"
Toujours en lien avec cet engagement, il défendra ardemment la cause des "boat people" fuyant le Vietnam communiste, réussissant l'exploit de réunir sur le perron de l'Elysée deux philosophes ennemis : le libéral Raymond Aron et l'homme de gauche Jean-Paul Sartre.
INTERVENTIONNISTE PLUS QUE PACIFISTE
Proche de Bernard-Henri Lévy et de ce que l'on appelle "les nouveaux philosophes", André Glucksmann s'est aussi illustré pour ses prises de position interventionnistes.
Fustigeant le pacifisme à tout prix, il soutenait l'intervention contre la Serbie en 1999 mais aussi contre Kadhafi en Libye.
Il appelait également à une intervention militaire pour mettre fin à la guerre en Syrie. Sur la scène intérieure française, lui qui se revendiquait à gauche, a finalement soutenu Nicolas Sarkozy en 2007, avant de s'en éloigner.
Dans "Une rage d'enfant" (Plon, 2006), il racontait avoir toujours été indigné par "les misères du monde".
M6Info