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ATTENTAT D’ANKARA : L’ETAT ISLAMIQUE, SUSPECT N°1 POUR LE PREMIER MINISTRE TURC

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ATTENTAT D’ANKARA : L’ETAT ISLAMIQUE, SUSPECT N°1 POUR LE PREMIER MINISTRE TURC

📅 Lundi 12/10/2015 a 14:04  |  ✍️ Maufranc Mongai  |  👁 636 lecture(s)  |  💬 0 reaction(s)

Ahmet Davutoglu est monté au créneau, Lundi, en considérant le groupe Etat islamique comme le suspect numéro 1 dans l'attentat d'Ankara. L'opposition prokurde, elle, s'en prend à Erdogan.

ATTENTAT D’ANKARA : L’ETAT ISLAMIQUE, SUSPECT N°1 POUR LE PREMIER MINISTRE TURC
LES ECHOS | LE 12/10 A 12:23, MIS A JOUR A 12:36

Dans la polémique montante sur la responsabilité du double attentat suicide perpétré par deux kamikazes qui a tué au moins 97 personnes, samedi à Ankara , le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu est monté au créneau, lundi, en considérant le groupe jihadiste de l’Etat islamique (EI) comme le suspect numéro 1.

« Si l’on regarde la manière dont a été commise cette attaque, nous considérons les investigations sur Daech (l’acronyme arabe de l’EI) comme notre priorité », a-t-il déclaré à la chaîne d’information turque NTV.

« Nous avons le nom d’une personne qui nous oriente vers une organisation », a-t-il précisé, sans donner de détails sur l’enquête en cours.

L’OPPOSITION PROKURDE MONTE AU CRENEAU
A trois semaines des élections législatives, l’opposition prokurde a intensifié ce week-end ses attaques contre le président Recep Tayyip Erdogan, qu’elle accuse d’être responsable de l’attentat d’Ankara, le plus meurtrier de l’histoire de la Turquie.

Samedi matin, deux fortes explosions ont secoué les alentours de la gare centrale de la capitale turque, où des milliers de militants venus de toute la Turquie à l’appel de plusieurs syndicats, d’ONG et partis de gauche favorables à la cause kurde se rassemblaient pour dénoncer la reprise du conflit kurde.

LA TURQUIE PLONGEE DANS L’HORREUR
« L’Etat a attaqué le peuple. Les condoléances devraient aller au peuple et non à Erdogan », a lancé, dimanche, Selahattin Demirtas, chef de file du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde). A l’appel des mouvements qui avaient convoqué la « Marche pour la paix » frappée par l’attentat, plus de 10.000 manifestants se sont rassemblés, dimanche, sur une place d’Ankara proche du site de l’attentat, qui a fait au moins 97 morts. La foule a largement conspué Recep Tayyip Erdogan et son gouvernement, accusés de ne pas avoir, délibérément, assuré la sécurité du rassemblement de samedi. « Erdogan meurtrier », « l’Etat rendra des comptes », ont scandé les manifestants, encerclés par les forces de l’ordre.

Depuis plusieurs semaines la tension est très vive entre le pouvoir et le HDP, exacerbée par les échéances électorales et les violences dans le sud-est à majorité kurde du pays. Dans la perspective des législatives anticipées du 1er novembre, le président turc dénonce avec virulence le parti prokurde, accusé de « complicité » avec les « terroristes » du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Dimanche encore, la presse qui lui est favorable a mis en cause les rebelles dans l’attentat d’Ankara.

LE PRIX NOBEL DE LITTERATURE TURC S’EN MELE
Le Prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk, dont la parole est rare, est intervenu, lundi, dans le débat en critiquant vivement le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu’il accuse de « calcul » vis-à-vis des Kurdes dans une interview au quotidien italien « La Repubblica ». « La défaite électorale a rendu Erdogan furieux (...) », les Kurdes « ne lui ayant pas fait confiance en lui accordant leur voix pour son projet de République présidentielle », estime Orhan Pamuk, qui se trouve actuellement à New York. « Gouvernement et armée ont décidé de recommencer la guerre contre le mouvement kurde », et « C’est la nation entière qui aujourd’hui comprend le calcul d’Erdogan. D’abord il n’a pas voulu faire partie de la coalition internationale qui combat le califat islamique. Puis, il a accepté de faire ce que lui demandaient les Américains. Mais, en même temps que le Califat, il s’est mis à bombarder les Kurdes », a-t-il ajouté

LEGISLATIVES DU 1er NOVEMBRE MAINTENUES
Les élections législatives anticipées convoquées pour le 1er novembre en Turquie auront lieu malgré l’attentat d’Ankara, a en tout cas assuré lAhmet Davutoglu dans son interview à NTV. « Quelles que soient les circonstances, les élections auront lieu », a déclaré le Premier ministre, qui dirige un gouvernement intérimaire jusqu’au scrutin du mois prochain.

Le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) d'Ahmet Davutoglu et du président Recep Tayyip Erdogan a perdu le 7 juin dernier la majorité absolue qu’il détenait au Parlement depuis treize ans, et aucun parti d’opposition ne s’est rallié à l’AKP après ce scrutin pour former une coalition gouvernementale. Recep Tayyip Erdogan a donc convoqué une nouvelle élection pour tenter de sortir le pays de l’impasse politique.

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