L A S O U R C E
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📅 Vendredi 02/10/2015 a 15:03 | ✍️ Dominique LOBELA MOBONDA | 👁 1652 lecture(s) | 💬 0 reaction(s)
Dominique
<p><span style="font-family: mceinline;"> LA SOURCE</span></p>
<p> </p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Dis-moi un mot dans la langue de tes Ancêtres, et je te dirais d'où tu viens. Le mot est lancé, le débat est ouvert !</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Ces lignes qui suivent n'ont pas la prétention d'être un cours d'histoire mais une modeste contribution à la culture de Bomboma. D'excellents ouvrages écrits par de grands chercheurs ont déjà été consacrés à l'histoire de Bomboma, et notamment la remarquable étude de Prof. Mumbanza mwa Bawele, certains articles publiés par le Prof Alexandre Mopondi, Abbé Gilbert Tembo et tant d'autres auteurs.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">D'où vient le peuple Bomboma, quel est son parcours migratoire, comment est-il arrivé là où il est actuellement ?</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Telles sont les différentes questions parmi tant d'autres nous sommes en droit de nous poser concernant l'origine de ces Bantous de Bomboma. Y répondre avec certitude n'est pas très aisé, mais nous allons essayer d'apporter quelques bribes de réponses sur base de notre vécu et d'autres éléments en notre possession ; tout en laissant le soin aux autres (anthropologues, historiens, sociologues, etc...) de nous compléter pour le plus grand bien de générations présentes et futures.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Nous ne devons pas perdre de vue que notre génération est celle qui a eu la chance de connaître, du moins, d'avoir côtoyé quelques anciens, de "véritables baobabs" qui nous ont legués leur savoir.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Nul ne peut ignorer que l'une de meilleures façons d'apprendre sa culture et de connaître le passé de sa famille et l'histoire du Pays de ses Ancêtres consiste à rester le plus souvent auprès des Aînés.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Le fait d'être constamment à côté des Aînés c.à.d. les fréquenter régulièrement, leur apporter secours en cas de besoin ou de consacrer son temps pour eux ; est en quelque sorte une bonne manière d'apprendre tant de choses de la vie.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Nous avons eu la chance de faire partie de ceux-là, qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour rendre service aux Aînés quels que soit le temps, le moment ou les circonstances de dialoguer avec eux.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">C'est de cette façon, disions-nous, que nous avons appris autour du feu, à écouter et à entendre certaines choses ou l'histoire des faits réels qui n'étaient pas connus de tous les jeunes de notre époque. Nous avons profité de ces moments précieux avec nos parents, nos aînés, des personnes âgées, à leur poser certaines questions relatives au passé (p.ex.: l'arbre généalogique de la famille, les luttes tribales, extra-claniques, ethniques, les différentes conquêtes, les défaites, etc...) ; la manière de vivre dans la communauté, de préparer l'avenir, bref comment vivre en ce monde inconnu pour nous... .</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">En pareilles circonstances, il arrive souvent de demander l'origine de sa tribu, de son village et de soi-même en tant que individu et ressortissant de Bomboma.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">ITINERAIRE</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Les Bantous forment le groupement linguistique le plus important de l'Afrique Centrale.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Selon A.Michielis et N.Laude, ces groupes ethniques bantous se présentent sous la forme de sociétés patriacales, formées d'un agglomérat de familles descendant d'un ancêtre commun (ancêtre masculin dans la société patriacale et féminin dans la société matriacale).</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">D'après certains analystes, les Bomboma vivaient en République du Congo (Brazzaville, région de Bongondo (Lanza). A la suite des guerres, ils ont traversé la rivière Ubangi pour Dongo. Là, ils subissent les attaques des Manganzi (Lobala et Tanda) et allèrent s'établir à Liboko.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Konzi (frère de Mboma) parvint à arrêter les incursions des Lobala et es Manganzi. Les Bomboma s'établirent ensuite à Ekeleli avant de se séparer en deux groupes. L'un resta avec Konzi et forma le village Bokonzi et l'autre contourna Mkengo pour s'établir le long de la rivière Molenge. Le nom de Bomboma provient de l'ancêtre éponyme, nommé Mboma.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Le résumé de la migration Bomboma publié par le Prof Mumbanza mwa Bawele (voir le texte ci-après) a aussi le mérite de nous apporter un éclairage pénétrant sur cette épopée.</span></p>
<p>"C'est de la région de Lanza et de Bongondo, aux environs de la rivière Botaba (Motaba) que sont partis les ancêtres des Bomboma. Ils ont traversé l'Ubangi à la hauteur de Dongo où ils ont rencontré les Mondjombo et les Manganzi, avant que les deux frères Konzi et Mboma ne s'installent dans le territoire actuel. De ces noyaux, plusieurs fractions de famille se dispersèrent pour occuper une bonne partie du territoire du Nord {...}. Certaines familles établies à Motuba et Djumbele, ne voulant pas vivre dans la région des terres, loin de l'eau, descendirent vers le sud, le long des chenaux Ewandi-Liboko et Nyalangu pour se fixer près de la Ngiri. Elles y sont connues sous le nom de Ngili groupements Bomboli et Bodjaba. Ceux du groupement Bodjaba se sont mêlés aux groupements Libinza installés dans cette partie de la forêt (Hainaux 1926c). Toujours de la région de Bomboma d'autres familles se détachèrent à la suite d'un conflit survenu après la chasse (Baweni Biako-O-Bobamba 1975 : 15-16 ; Kongote Linzabe Semba 1977) et allèrent se fixer, après plusieurs étapes, au-delà de la rive gauche de la Ngiri, sur une petite rivière appelée Liboko. Le nouveau groupement porta le nom de Bongambo et leur village principal Likaw. Avant que les Bongambo ne commencent à se défendre contre les attaques des voisins ngombe et ngbandi, plusieurs souches se détachèrent et descendirent la Liboko jusque dans les marais de la Ndolo. Elles furent à l'origine des villages ndolo : Lifunga, Tandu et Monyongo ; des villages bamwe : Likata, Bomole et Ngbende ou Sombe (Baweni Biako-O-Bobamba 1975 : 16-17). D'autres villages ndolo situés le long de la Moeko ont été aussi formés par des groupes détachés des villages de la Ngiri".</p>
<p>LOCALISATION</p>
<p>Les Bomboma sont implantés dans plusieurs villages ou localités du Sud-Ubangi dans le Territoire de Kungu sur une superficie de 315 km2.</p>
<p>En partant de la rivière Ubangi, on les rencontre à Dongo, Saba-Saba, Lobondo, Nyasoko, Bokonzi, Nzumbele (Djumbele), Motuba, Bozaba, Lokombo, Mangbalangbata, Makengo, Bomboma, Bondanga et Lingonda.</p>
<p>MOT DE LA FIN</p>
<p>En ce qui nous concerne, dans la vie d'un homme, il n'y a qu'une seule source à partir de laquelle naissent les ruisseaux, les affluents, les rivières et les fleuves...</p>
<p>Bien entretenue, elle produit de l'eau en abondance et fait nourrir tous ses enfants.</p>
<p>Le dialogue entre les anciens et les jeunes est une des sources intarrissables de la connaissance de notre culture Bomboma.</p>
<p>Puissent les jeunes en profiter... .</p>
<p>Que vive BOMBOMA !</p>
<p> </p>
<p>Dominique LOBELA MOBONDA</p>
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<p><span style="font-family: mceinline;">Dis-moi un mot dans la langue de tes Ancêtres, et je te dirais d'où tu viens. Le mot est lancé, le débat est ouvert !</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Ces lignes qui suivent n'ont pas la prétention d'être un cours d'histoire mais une modeste contribution à la culture de Bomboma. D'excellents ouvrages écrits par de grands chercheurs ont déjà été consacrés à l'histoire de Bomboma, et notamment la remarquable étude de Prof. Mumbanza mwa Bawele, certains articles publiés par le Prof Alexandre Mopondi, Abbé Gilbert Tembo et tant d'autres auteurs.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">D'où vient le peuple Bomboma, quel est son parcours migratoire, comment est-il arrivé là où il est actuellement ?</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Telles sont les différentes questions parmi tant d'autres nous sommes en droit de nous poser concernant l'origine de ces Bantous de Bomboma. Y répondre avec certitude n'est pas très aisé, mais nous allons essayer d'apporter quelques bribes de réponses sur base de notre vécu et d'autres éléments en notre possession ; tout en laissant le soin aux autres (anthropologues, historiens, sociologues, etc...) de nous compléter pour le plus grand bien de générations présentes et futures.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Nous ne devons pas perdre de vue que notre génération est celle qui a eu la chance de connaître, du moins, d'avoir côtoyé quelques anciens, de "véritables baobabs" qui nous ont legués leur savoir.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Nul ne peut ignorer que l'une de meilleures façons d'apprendre sa culture et de connaître le passé de sa famille et l'histoire du Pays de ses Ancêtres consiste à rester le plus souvent auprès des Aînés.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Le fait d'être constamment à côté des Aînés c.à.d. les fréquenter régulièrement, leur apporter secours en cas de besoin ou de consacrer son temps pour eux ; est en quelque sorte une bonne manière d'apprendre tant de choses de la vie.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Nous avons eu la chance de faire partie de ceux-là, qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour rendre service aux Aînés quels que soit le temps, le moment ou les circonstances de dialoguer avec eux.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">C'est de cette façon, disions-nous, que nous avons appris autour du feu, à écouter et à entendre certaines choses ou l'histoire des faits réels qui n'étaient pas connus de tous les jeunes de notre époque. Nous avons profité de ces moments précieux avec nos parents, nos aînés, des personnes âgées, à leur poser certaines questions relatives au passé (p.ex.: l'arbre généalogique de la famille, les luttes tribales, extra-claniques, ethniques, les différentes conquêtes, les défaites, etc...) ; la manière de vivre dans la communauté, de préparer l'avenir, bref comment vivre en ce monde inconnu pour nous... .</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">En pareilles circonstances, il arrive souvent de demander l'origine de sa tribu, de son village et de soi-même en tant que individu et ressortissant de Bomboma.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">ITINERAIRE</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Les Bantous forment le groupement linguistique le plus important de l'Afrique Centrale.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Selon A.Michielis et N.Laude, ces groupes ethniques bantous se présentent sous la forme de sociétés patriacales, formées d'un agglomérat de familles descendant d'un ancêtre commun (ancêtre masculin dans la société patriacale et féminin dans la société matriacale).</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">D'après certains analystes, les Bomboma vivaient en République du Congo (Brazzaville, région de Bongondo (Lanza). A la suite des guerres, ils ont traversé la rivière Ubangi pour Dongo. Là, ils subissent les attaques des Manganzi (Lobala et Tanda) et allèrent s'établir à Liboko.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Konzi (frère de Mboma) parvint à arrêter les incursions des Lobala et es Manganzi. Les Bomboma s'établirent ensuite à Ekeleli avant de se séparer en deux groupes. L'un resta avec Konzi et forma le village Bokonzi et l'autre contourna Mkengo pour s'établir le long de la rivière Molenge. Le nom de Bomboma provient de l'ancêtre éponyme, nommé Mboma.</span></p>
<p><span style="font-family: mceinline;">Le résumé de la migration Bomboma publié par le Prof Mumbanza mwa Bawele (voir le texte ci-après) a aussi le mérite de nous apporter un éclairage pénétrant sur cette épopée.</span></p>
<p>"C'est de la région de Lanza et de Bongondo, aux environs de la rivière Botaba (Motaba) que sont partis les ancêtres des Bomboma. Ils ont traversé l'Ubangi à la hauteur de Dongo où ils ont rencontré les Mondjombo et les Manganzi, avant que les deux frères Konzi et Mboma ne s'installent dans le territoire actuel. De ces noyaux, plusieurs fractions de famille se dispersèrent pour occuper une bonne partie du territoire du Nord {...}. Certaines familles établies à Motuba et Djumbele, ne voulant pas vivre dans la région des terres, loin de l'eau, descendirent vers le sud, le long des chenaux Ewandi-Liboko et Nyalangu pour se fixer près de la Ngiri. Elles y sont connues sous le nom de Ngili groupements Bomboli et Bodjaba. Ceux du groupement Bodjaba se sont mêlés aux groupements Libinza installés dans cette partie de la forêt (Hainaux 1926c). Toujours de la région de Bomboma d'autres familles se détachèrent à la suite d'un conflit survenu après la chasse (Baweni Biako-O-Bobamba 1975 : 15-16 ; Kongote Linzabe Semba 1977) et allèrent se fixer, après plusieurs étapes, au-delà de la rive gauche de la Ngiri, sur une petite rivière appelée Liboko. Le nouveau groupement porta le nom de Bongambo et leur village principal Likaw. Avant que les Bongambo ne commencent à se défendre contre les attaques des voisins ngombe et ngbandi, plusieurs souches se détachèrent et descendirent la Liboko jusque dans les marais de la Ndolo. Elles furent à l'origine des villages ndolo : Lifunga, Tandu et Monyongo ; des villages bamwe : Likata, Bomole et Ngbende ou Sombe (Baweni Biako-O-Bobamba 1975 : 16-17). D'autres villages ndolo situés le long de la Moeko ont été aussi formés par des groupes détachés des villages de la Ngiri".</p>
<p>LOCALISATION</p>
<p>Les Bomboma sont implantés dans plusieurs villages ou localités du Sud-Ubangi dans le Territoire de Kungu sur une superficie de 315 km2.</p>
<p>En partant de la rivière Ubangi, on les rencontre à Dongo, Saba-Saba, Lobondo, Nyasoko, Bokonzi, Nzumbele (Djumbele), Motuba, Bozaba, Lokombo, Mangbalangbata, Makengo, Bomboma, Bondanga et Lingonda.</p>
<p>MOT DE LA FIN</p>
<p>En ce qui nous concerne, dans la vie d'un homme, il n'y a qu'une seule source à partir de laquelle naissent les ruisseaux, les affluents, les rivières et les fleuves...</p>
<p>Bien entretenue, elle produit de l'eau en abondance et fait nourrir tous ses enfants.</p>
<p>Le dialogue entre les anciens et les jeunes est une des sources intarrissables de la connaissance de notre culture Bomboma.</p>
<p>Puissent les jeunes en profiter... .</p>
<p>Que vive BOMBOMA !</p>
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<p>Dominique LOBELA MOBONDA</p>
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