Foot News : Blaise MATUIDI : DES BLEUS AU PSG ; EST-IL DEVENU LE MEILLEUR JOUEUR FRANÇAIS ???
Foot News : Blaise MATUIDI : DES BLEUS AU PSG ; EST-IL DEVENU LE MEILLEUR JOUEUR FRANÇAIS ???
📅 Mercredi 09/09/2015 a 09:47 | ✍️ Maufranc Mongai | 👁 663 lecture(s) | 💬 0 reaction(s)
Le printemps pourri des Bleus (trois défaites en quatre matches) n’est-il plus qu’un mauvais souvenir?
La nouvelle saison, qui mène à l’Euro 2016, est déjà porteuse de promesses.
Deux victoires de suite, au Portugal vendredi, contre la Serbie hier à Bordeaux.
Une animation offensive retrouvée.
Et la confirmation de l’irrésistible ascension de Blaise Matuidi, peut-être le meilleur joueur français du moment.
Foot News : Blaise MATUIDI : DES BLEUS AU PSG ; EST-IL DEVENU LE MEILLEUR JOUEUR FRANÇAIS ??
Par Geoffroy GARETIER
Puisque l’époque l’exige et que le métier l’encourage, puisqu’il faut toujours comparer, catégoriser, hiérarchiser, alors posons d’emblée la, les questions : dans la pyramide actuelle du football français, où situer Blaise Matuidi ?
Dans son irrésistible progression, à quelle distance du sommet se trouve le milieu de terrain international du PSG ? Jusqu’où peut-il aller ?
En une mi-temps, la première, passée sur le terrain du stade Matmut Atlantique (Ndlr: l’énoncé est aussi pénible à écrire qu’à prononcer, il faut donc réfléchir à une solution) de Bordeaux, Matuidi, auteur hier de son deuxième doublé en équipe de France (après celui contre la Jamaïque, le 8 juin 2014), a résumé tout le bien qu’on pensait de lui, amplifiant ce qu’on en savait.
MATUIDI EST-IL DEVENU LE MEILLEUR ???
Pour faire simple: il est bon partout. A la récupération, l’interception, l’accélération, la transmission. Bon à la finition. Cette saison: passeur à Lille pour Lucas, à Monaco pour Cavani, buteur au Parc contre le Gazélec, buteur à Montpellier en L1. Double buteur avec les Bleus hier à Bordeaux. Quoi d’autre?
A 28 ans, le natif de Toulouse est devenu le meilleur, le parfait numéro huit, le footballeur total. Capable d’occuper tous les postes. Même en défense centrale, si on le lui demandait. Même avant-centre, ce qu’on ne lui demandera jamais.
La typologie de ses deux buts bordelais, dont le deuxième évoque le Luis Fernandez des années 80, est symptomatique de ce qu’est Matuidi, comme de ce que les autres ne sont pas : la tête piquée que Giroud aurait mise au-dessus, la volée aux dix-huit mètres que Benzema n’aurait pas tentée.
A l’heure où le marché des transferts s’envole jusqu’à flirter avec la déraison, où l’on évoque un prix avoisinant les cent millions d’euros pour Paul Pogba, combien vaut, aujourd’hui, Blaise Matuidi? 24 millions, comme l’affiche le site spécialisé transfermarkt.com? 50 millions? 100 millions?
La question est un peu vaine, bien sûr: aux yeux des dirigeants du PSG, où il entame sa cinquième saison, Matuidi est inestimable, parce qu’invendable. Un milieu “box to box” de ce calibre est une rareté sur le marché.
QUELQUES EXEMPLES HISTORIQUES :
Johan Neeskens (Ajax, Barça), le prototype du genre ; Franck Rijkaard (Ajax, Milan) ; Lothar Matthäus (Bayern, Inter) ; Patrick Vieira (Arsenal) ; Yaya Touré (Barça, City). Rien que des épées, des Seigneurs du jeu. Blaise Matuidi peut-il leur être comparé ? L’évaluer à leur aune est-il délirant, audacieux, raisonnable, rayer les mentions inutiles?
A l’été 2011, lors de son arrivée au PSG en provenance de Saint-Etienne, poser la question aurait valu son pesant d’injures sur les réseaux sociaux. Matuidi faisait alors partie des neuf recrues du premier mercato du PSG version qatarie, avec Douchez et Sirigu, Bisevac et Lugano, Menez et Sissoko, Pastore et Gameiro.
Quatre ans après, le bilan est limpide : Douchez et Sirigu cirent le banc, Pastore est un joker de luxe, les autres ont dû s’exiler. Matuidi, lui, est l’indéboulonnable pilier gauche du “triangle à pointe basse” du milieu parisien. L’alter ego de Motta, de Verratti. Rien que ça.
En débarquant à Paris, pourtant, Blaise Matuidi était encore ce caterpillar à la puissance pas toujours maitrisée, à la première touche de balle parfois incertaine, à la finition aléatoire: sept buts marqués lors de ses six premières saisons en L1.
Au contact de joueurs comme Motta ou Ibrahimovic, d’entraineurs comme Ancelotti, il s’est amélioré de manière exponentielle, s’infligeant des charges d’entrainement colossales, démontrant une grande capacité d’adaptation, signe précurseur de l’intelligence. Jusqu’à devenir le joueur le plus complet de sa génération: la génération 87.
Pareil rappel n’a rien d’anodin: à l’origine, la nomenclature de la-dite génération, championne d’Europe U17 en 2004, ne comporte pas le sien. On a longtemps, jusqu’à la nausée, scandé ceux de Menez, Nasri, Ben Arfa, Benzema. Ce dernier mis à part, une décennie plus tard, c’est celui de Matuidi qui émerge. C’est toujours la tortue qui gagne, à la fin.
Passé un vague et prévisible coup de mou au retour du Mondial 2014, celui que Jean-Marc Furlan, épaté par sa vitesse d’exécution et son sens du jeu, fit débuter en L1 à 18 ans lors d’un Nice-Troyes (30 juillet 2005, 1-1), semble incarner le théorème parfait du champion : aujourd’hui plus fort qu’hier, et moins que demain.
Avec Matuidi, toute équipe joue à douze. Le PSG comme l’équipe de France. Là où Laurent Blanc fit une erreur majeure en le laissant sur le banc lors de l’Euro 2012, lui préférant le duo Diarra / M’Vila, Didier Deschamps sait qu’il tient un atout en forme de vérité primale.
Et chaque matin, comme Letizia Bonaparte en son temps, le sélectionneur national doit répéter en boucle ces quelques mots : pourvu que ça dure.
Geoffroy GARETIER
La nouvelle saison, qui mène à l’Euro 2016, est déjà porteuse de promesses.
Deux victoires de suite, au Portugal vendredi, contre la Serbie hier à Bordeaux.
Une animation offensive retrouvée.
Et la confirmation de l’irrésistible ascension de Blaise Matuidi, peut-être le meilleur joueur français du moment.
Foot News : Blaise MATUIDI : DES BLEUS AU PSG ; EST-IL DEVENU LE MEILLEUR JOUEUR FRANÇAIS ??
Par Geoffroy GARETIER
Puisque l’époque l’exige et que le métier l’encourage, puisqu’il faut toujours comparer, catégoriser, hiérarchiser, alors posons d’emblée la, les questions : dans la pyramide actuelle du football français, où situer Blaise Matuidi ?
Dans son irrésistible progression, à quelle distance du sommet se trouve le milieu de terrain international du PSG ? Jusqu’où peut-il aller ?
En une mi-temps, la première, passée sur le terrain du stade Matmut Atlantique (Ndlr: l’énoncé est aussi pénible à écrire qu’à prononcer, il faut donc réfléchir à une solution) de Bordeaux, Matuidi, auteur hier de son deuxième doublé en équipe de France (après celui contre la Jamaïque, le 8 juin 2014), a résumé tout le bien qu’on pensait de lui, amplifiant ce qu’on en savait.
MATUIDI EST-IL DEVENU LE MEILLEUR ???
Pour faire simple: il est bon partout. A la récupération, l’interception, l’accélération, la transmission. Bon à la finition. Cette saison: passeur à Lille pour Lucas, à Monaco pour Cavani, buteur au Parc contre le Gazélec, buteur à Montpellier en L1. Double buteur avec les Bleus hier à Bordeaux. Quoi d’autre?
A 28 ans, le natif de Toulouse est devenu le meilleur, le parfait numéro huit, le footballeur total. Capable d’occuper tous les postes. Même en défense centrale, si on le lui demandait. Même avant-centre, ce qu’on ne lui demandera jamais.
La typologie de ses deux buts bordelais, dont le deuxième évoque le Luis Fernandez des années 80, est symptomatique de ce qu’est Matuidi, comme de ce que les autres ne sont pas : la tête piquée que Giroud aurait mise au-dessus, la volée aux dix-huit mètres que Benzema n’aurait pas tentée.
A l’heure où le marché des transferts s’envole jusqu’à flirter avec la déraison, où l’on évoque un prix avoisinant les cent millions d’euros pour Paul Pogba, combien vaut, aujourd’hui, Blaise Matuidi? 24 millions, comme l’affiche le site spécialisé transfermarkt.com? 50 millions? 100 millions?
La question est un peu vaine, bien sûr: aux yeux des dirigeants du PSG, où il entame sa cinquième saison, Matuidi est inestimable, parce qu’invendable. Un milieu “box to box” de ce calibre est une rareté sur le marché.
QUELQUES EXEMPLES HISTORIQUES :
Johan Neeskens (Ajax, Barça), le prototype du genre ; Franck Rijkaard (Ajax, Milan) ; Lothar Matthäus (Bayern, Inter) ; Patrick Vieira (Arsenal) ; Yaya Touré (Barça, City). Rien que des épées, des Seigneurs du jeu. Blaise Matuidi peut-il leur être comparé ? L’évaluer à leur aune est-il délirant, audacieux, raisonnable, rayer les mentions inutiles?
A l’été 2011, lors de son arrivée au PSG en provenance de Saint-Etienne, poser la question aurait valu son pesant d’injures sur les réseaux sociaux. Matuidi faisait alors partie des neuf recrues du premier mercato du PSG version qatarie, avec Douchez et Sirigu, Bisevac et Lugano, Menez et Sissoko, Pastore et Gameiro.
Quatre ans après, le bilan est limpide : Douchez et Sirigu cirent le banc, Pastore est un joker de luxe, les autres ont dû s’exiler. Matuidi, lui, est l’indéboulonnable pilier gauche du “triangle à pointe basse” du milieu parisien. L’alter ego de Motta, de Verratti. Rien que ça.
En débarquant à Paris, pourtant, Blaise Matuidi était encore ce caterpillar à la puissance pas toujours maitrisée, à la première touche de balle parfois incertaine, à la finition aléatoire: sept buts marqués lors de ses six premières saisons en L1.
Au contact de joueurs comme Motta ou Ibrahimovic, d’entraineurs comme Ancelotti, il s’est amélioré de manière exponentielle, s’infligeant des charges d’entrainement colossales, démontrant une grande capacité d’adaptation, signe précurseur de l’intelligence. Jusqu’à devenir le joueur le plus complet de sa génération: la génération 87.
Pareil rappel n’a rien d’anodin: à l’origine, la nomenclature de la-dite génération, championne d’Europe U17 en 2004, ne comporte pas le sien. On a longtemps, jusqu’à la nausée, scandé ceux de Menez, Nasri, Ben Arfa, Benzema. Ce dernier mis à part, une décennie plus tard, c’est celui de Matuidi qui émerge. C’est toujours la tortue qui gagne, à la fin.
Passé un vague et prévisible coup de mou au retour du Mondial 2014, celui que Jean-Marc Furlan, épaté par sa vitesse d’exécution et son sens du jeu, fit débuter en L1 à 18 ans lors d’un Nice-Troyes (30 juillet 2005, 1-1), semble incarner le théorème parfait du champion : aujourd’hui plus fort qu’hier, et moins que demain.
Avec Matuidi, toute équipe joue à douze. Le PSG comme l’équipe de France. Là où Laurent Blanc fit une erreur majeure en le laissant sur le banc lors de l’Euro 2012, lui préférant le duo Diarra / M’Vila, Didier Deschamps sait qu’il tient un atout en forme de vérité primale.
Et chaque matin, comme Letizia Bonaparte en son temps, le sélectionneur national doit répéter en boucle ces quelques mots : pourvu que ça dure.
Geoffroy GARETIER
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