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Sommet Extraordinaire à Bruxelles : MOBILISATION TOUS AZIMUTS AUTOUR DE LA GRECE

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Sommet Extraordinaire à Bruxelles : MOBILISATION TOUS AZIMUTS AUTOUR DE LA GRECE

📅 Lundi 22/06/2015 a 12:08  |  ✍️ Maufranc Mongai  |  👁 644 lecture(s)  |  💬 0 reaction(s)

Reuters/Reuters - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a transmis hier dimanche de nouvelles propositions, qualifiées par Bruxelles de "bonne base de progrès", en vue d'un sommet extraordinaire …plus

Sommet Extraordinaire à Bruxelles : MOBILISATION TOUS AZIMUTS AUTOUR DE LA GRECE
Par par Lefteris Papadimas et Jan Strupczewski | Reuters – il y a 17 minutes

ATHÈNES/BRUXELLES (Reuters) -
Les responsables européens ont multiplié lundi matin les déclarations optimistes au sujet de la Grèce après l'envoi par le gouvernement d'Alexis Tsipras de nouvelles propositions qualifiées par la Commission européenne de "bonne base de progrès" en vue du sommet extraordinaire des dirigeants de la zone euro dans la soirée.

Ce sommet est destiné à approuver un éventuel compromis de dernière minute permettant à la Grèce de bénéficier d'une aide financière en échange de réformes susceptibles de redresser ses finances publiques de manière pérenne. Il s'agit ainsi d'épargner au pays un défaut de paiement aux conséquences imprévisibles pour la zone euro.
Ce sommet intervient aussi dans un contexte de mobilisation tous azimuts des institutions européennes autour de la Grèce, confrontée dans huit jours à une échéance de remboursement de 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI).

La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi relevé lundi matin - pour la troisième fois en six jours - le montant des liquidités d'urgence (ELA) auxquelles peuvent avoir accès les banques grecques, confrontées à d'importants retraits des épargnants craignant l'instauration d'un contrôle des capitaux. On ignore le montant du nouveau plafond, déjà porté la semaine dernière à quasiment 86 milliards d'euros, selon des sources bancaires.

Alexis Tsipras doit pour sa part rencontrer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président de la BCE, Mario Draghi, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et la directrice du FMI, Christine Lagarde, qui représentent les créanciers de la Grèce.

S'en suivra à 12h30 une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) chargés de préparer le sommet annoncé pour 19h00 et décidé dans l'urgence la semaine dernière après cinq mois de négociations tendues entre le gouvernement grec, élu en janvier sur la promesse de mettre fin à cinq ans de politiques d'austérité, et ses bailleurs de fonds.

"ACCOUCHEMENT AUX FORCEPS"

L'optimisme émanant des propos de responsables politiques a d'ores et déjà rassuré les investisseurs. Les principales Bourses européennes s'envolent, avec notamment un bond de plus de quasiment 8% pour Athènes vers 11h00.
La Commission européenne a confirmé dans la nuit de dimanche à lundi que le gouvernement grec avait bien adressé de nouvelles propositions de réformes à ses créanciers. Elle n'en a pas précisé le contenu, alors que les négociations butent depuis des semaines sur le système grec des retraites, jugé trop coûteux par les interlocuteurs d'Athènes, et sur un relèvement de la TVA.

"Bonne base pour des progrès (...) au sommet de la zone euro", a commenté Martin Selmayr, chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, sur son compte Twitter avant d'ajouter en allemand, sa langue natale, "eine Zangengeburt", ce qui signifie "accouchement aux forceps".
Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, s'est dit "convaincu" qu'un accord serait trouvé dans la journée, en jugeant que les nouvelles propositions du Premier ministre grec allaient "dans le bon sens".
Une évolution est en cours vers un accord entre la Grèce et ses créanciers, a renchéri Michel Sapin, le ministre français des Finances. "Je crois que le travail est en route et se passe dans de bonnes conditions", a-t-il déclaré.

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères a pour sa part prédit des progrès lors du sommet organisé dans la soirée. "Il y aura une poussée en avant", a dit Jean Asselborn.
Jean-Claude Juncker a néanmoins par la suite tempéré l'optimisme ambiant en se disant incapable de dire si un accord serait finalement conclu.

MANIFESTATIONS À ATHÈNES

Si les créanciers exigent des réformes permettant de dégager un excédent budgétaire primaire, c'est-à-dire hors service de la dette, le gouvernement grec réclame parallèlement un allègement du fardeau de cette dette, qui devrait atteindre 180% du produit intérieur brut (PIB) de la Grèce cette année selon l'exécutif européen.
Les autres pays de la zone euro n'entendent aborder cette question du niveau d'endettement que dans un second temps, une fois conclu un accord sur les réformes.
Pour Alexis Tsipras, l'enjeu est aussi de respecter les promesses faites à la population durant la campagne électorale et de composer avec sa formation Syriza.

"Je le répète: soit l'accord est compatible avec les grandes lignes du programme électoral de Syriza, soit il n'y aura pas d'accord", a prévenu le vice-ministre grec du Travail, Dimitris Stratoulis. "Le chantage ne nous fait pas peur et notre priorité est l'intérêt de la population."

Pour la deuxième fois en une semaine, des milliers de Grecs se sont réunis dimanche devant le Parlement pour enjoindre à Alexis Tsipras de ne pas céder aux pressions des créanciers internationaux qui exigent d'Athènes de nouvelles réformes en contrepartie du déblocage de 7,2 milliards d'euros, dernière tranche du deuxième plan d'aide accordé au pays en 2012. Un nouveau rassemblement est prévu mardi soir.

(Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

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