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Flash Actualité : TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT AU BURUNDI AVEC LA DESTITUTION DU PRÉSIDENT NKURUNZIZA ?

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Flash Actualité : TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT AU BURUNDI AVEC LA DESTITUTION DU PRÉSIDENT NKURUNZIZA ?

📅 Mercredi 13/05/2015 a 18:28  |  ✍️ Maufranc Mongai  |  👁 735 lecture(s)  |  💬 1 reaction(s)

Article de Esdras NDIKUMANA publié aujourd'hui à l'Agence France Presse AFP :
Un général burundais a annoncé mercredi la destitution du président Pierre NKURUNZIZA, en déplacement en Tanzanie pour un sommet régional sur la crise dans son pays, où la situation restait incertaine en fin de journée.

TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT AU BURUNDI

AFP par Esdras NDIKUMANA, avec Ephrem RUGIRIRIZA à Dar es Salaam | AFP – il y a 11 minutes

AFP/AFP - Un homme assit sur un char brandit un drapeau burundais, le 13 mai 2015 à Bujumbura, après l'annonce à la radio de la destitution du président NKURUNZIZA.

Selon la présidence burundaise, le coup d'Etat, mené par un groupe de militaires "mutins" a été "déjoué".
Mais il était impossible de savoir dans l'immédiat qui contrôlait le pays, secoué depuis le 26 avril par un mouvement de contestation à la candidature de M. NKURUNZIZA à la présidentielle du 26 juin.

Les manifestations contre un troisième mandat du chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2005, ont été marquées par de nombreuses violences, qui ont fait une vingtaine de morts.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient des manifestants en liesse dans le centre et les quartiers de la capitale Bujumbura, fraternisant avec les militaires.

Mercredi, un haut gradé loyaliste a affirmé à l'AFP que des "tractations" étaient en cours entre loyalistes et putschistes pour trouver une solution qui préserve les "intérêts nationaux". Les deux camps sont "d'accord pour ne pas verser le sang des Burundais", a assuré cet officier supérieur.
Selon la présidence tanzanienne, le président Nkurunziza a quitté en fin d'après-midi la capitale économique tanzanienne Dar es Salaam pour Bujumbura, où le chef des putschistes, le général Godefroid Niyombare, a ordonné la fermeture des frontières et de l'aéroport.

Le président Nkurunziza était arrivé dans la matinée à Dar es Salaam pour assister à un sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Communauté est-africaine (Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Tanzanie).

Ses homologues tanzanien Jakaya Kikwete, kényan Uhuru Kenyatta, ougandais Yoweri Museveni et rwandais Paul Kagame, qui ont discuté sans lui de la situation au Burundi, ont condamné le coup d'Etat en cours. Et ils ont demandé le report des scrutins législatif prévu le 26 mai et présidentiel le 26 juin, estimant que "les conditions n'étaient pas propices à des élections.

Du côté de la présidence, le principal conseiller en communication de M. Nkurunziza, Willy Nyamitwe, a assuré que "la tentative de coup d'Etat avait été déjouée" et que les militaires putschistes étaient "recherchés par les forces de l'ordre et de sécurité" pour être "traduits en justice".

A Bujumbura, des soldats loyalistes protégeaient toujours les locaux de la radio-télévision nationale et ont tiré un moment en l'air pour disperser des centaines de manifestants qui s'en approchaient en chantant l'hymne national, les faisant reculer de quelques centaines de mètres, selon un journaliste de l'AFP.
Le rapport de force au sein de l'armée entre putschistes et loyalites restait inconnu en fin de journée, mais les militaires, qui ont joué un rôle modérateur depuis le début de la contestation, bénéficient de la sympathie de nombreux manifestants, à l'inverse de la police, accusée d'être au service du parti au pouvoir et de pactiser avec sa milice Imbonerakure.

- ANCIEN COMPAGNON D'ARMES -

La tentative de coup d'Etat est menée par un compagnon d'armes du chef de l'Etat au sein de l'ex-rébellion hutu, le Cndd-FDD, devenu le parti au pouvoir depuis la fin de la longue guerre civile (1993-2006).
"Le président Pierre Nkurunziza est destitué de ses fonctions, le gouvernement est dissous", a annoncé mercredi après-midi sur les ondes de la radio privée Insaganiro le général Godefroid Niyombare.
Il avait été limogé de la tête des services de renseignement en février par le président après lui avoir déconseillé de briguer un troisième mandat, jugé inconstitutionnel par ses adversaires.

"Il est institué un comité pour le rétablissement de la concorde nationale, temporaire et ayant pour mission entres autres le rétablissement de l'unité nationale" et "la reprise du processus électoral dans un climat serein et équitable", a ajouté le général Niyombare, précisant qu'il prenait la tête du comité.
"Il est demandé à toute la population de respecter la vie et les biens d'autrui", a poursuivi le général Niyombare.
Ce message a ensuite été diffusé sur les antennes de la radio privée RPA (Radio publique africaine), la plus écoutée du pays, qui émettait à nouveau mercredi après-midi après avoir été fermée depuis le 27 avril par les autorités qui l'accusaient de relayer les appels à manifester.
Le général Niyombare est, dans son pays, une personnalité respectée et est considéré comme un homme de dialogue.
Après la guerre, il était devenu chef d'état-major adjoint, puis chef d'état-major de l'armée burundaise. Nommé en décembre 2014 à la tête du Service national de renseignements (SNR), il avait été limogé moins de trois mois plus tard.
Cette tentative de coup d'Etat "était prévisible, il fallait s'y attendre (...) mais Nkurunziza doit avoir encore des soutiens au sein de l'armée", a estimé sous le couvert de l'anonymat un haut diplomate tanzanien de l'EAC à Dar es Salaam.

Les opposants à un troisième mandat du président burundais avaient porté mercredi matin la contestation au coeur de Bujumbura, sanctuarisé par la police depuis le début des manifestations.
Plusieurs centaines de manifestants, dont beaucoup de femmes, ont réussi pour la première fois à se rassembler sur la symbolique place de l'Indépendance, au centre de la capitale, avant d'en être délogés par la police et de jouer longtemps au chat et à la souris avec les policiers.

Malgré les pressions internationales, les manifestations et une brutale répression des forces de l'ordre, le camp présidentiel et les contestataires restent arc-boutés sur leurs positions, une impasse qui suscite l'inquiétude pour ce pays à l'histoire récente jalonnée de massacres ethniques.

AFP par Esdras NDIKUMANA, avec Ephrem RUGIRIRIZA à Dar es Salaam

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Maufranc Mongai 14-05-2015 a 21h39
Burundi: la radio nationale au centre des combats
Par Esdras NDIKUMANA | AFP – il y a 1 heure 48 minutes.

Forces putschistes et loyales au président Pierre Nkurunziza se sont affrontées à l'arme lourde pour le contrôle stratégique de la radio nationale burundaise, restée aux mains des troupes fidèles au chef de l'Etat jeudi en fin d'après-midi, 24h après une tentative de coup d'Etat à l'issue toujours incertaine.
Pour la première fois depuis le début du putsch mercredi, des morts ont été constatés: un journaliste de l'AFP a vu trois cadavres de militaires à environ un km du site de la Radio et Télévision nationale burundaise (RTNB). Un blindé y était également embouti dans le caniveau et le sol jonché de douilles de balle, signe de la violence des combats.
Les hommes réunis derrière le général putschiste Godefroid Niymbare, ex-compagnon d'armes de Nkurunziza, ont tenté à deux reprises, en vain, de prendre aux forces d'élite postées autour de ce bâtiment symbole du pouvoir.
La première offensive a été lancée à l'aube, la seconde en début d'après-midi. Un journaliste de l'AFP a alors pu entendre des rafales de tirs de mitrailleuses ponctuées de tirs d'obus.
L'offensive de l'après-midi a duré deux bonnes heures mais les putschistes n'ont pas pu venir à bout de leurs adversaires, qui, selon des sources au sein de la radio, avaient eu le temps de renforcer leurs rangs et de s'équiper d'un blindé.
Le directeur général de la RTNB a annoncé l'échec de l'offensive sur ses ondes, assurant que la situation était "maîtrisée" et que "ce sont toujours les soldats loyalistes qui contrôlent la RTNB".
La radio a aussi rediffusé un message téléphonique de Pierre Nkurunziza, bloqué en Tanzanie, largement inaudible mais sur lequel la voix du chef de l'Etat est reconnaissable.
Le contrôle de la RTNB est d'autant plus crucial que les trois principales radios privées du pays -- la très populaire RPA, Radio Bonesha et Insaganiro -- et la principale télévision indépendante, Télé Renaissance, qui diffusaient les messages des putschistes n'émettent plus.
Elles ont été elles-mêmes attaquées, parfois à la roquette, selon leurs patrons, par des forces pro-Nkurunziza et trop endommagées.
Les radios indépendantes étaient déjà dans le collimateur du gouvernement depuis le début des manifestations le 26 avril contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza qui ont débouché sur la tentative de coup d'Etat en l'absence du pays du dirigeant.
- Unités d'élite -
Vingt-quatre heures après l'annonce de la destitution de Pierre Nkurunziza par le général Niyombare, ex-patron des services de renseignements, il était toujours impossible de dire qui détenait le pouvoir à Bujumbura.
Le camp putschiste a affirmé contrôler la quasi-totalité de la capitale, dont l'aéroport, également revendiqué par le camp loyaliste, qui, en plus de la RTNB, gardait toujours la présidence.
Des policiers déployés dans le centre de Bujumbura refusaient de dire à qui ils obéissaient, comme les militaires postés plus en périphérie, aux points stratégiques menant vers les quartiers au coeur, depuis près de trois semaines, des manifestations d'opposition à un troisième mandat du président.
Le centre-ville est resté très peu animé jeudi.
"Nous avons eu peur après tous ces tirs dans la nuit", a confié un passant. "Mais comme il y a une accalmie, nous sommes passés voir ce qu'il se passe".
Selon des sources militaires, les putschistes sont organisés autour du 11e Bataillon parachutiste, unité d'élite de l'armée. Le coeur du camp loyal à M. Nkurunziza s'appuie, lui, sur la Brigade spéciale de protection des institutions, avec le soutien de quelques autres unités.
- Appels à la retenue -
Selon une source à la présidence tanzanienne, Pierre Nkurunziza est lui toujours dans un lieu tenu secret à Dar es Salaam, où il s'était rendu mercredi pour un sommet régional consacré à la crise politique burundaise déclenchée par sa candidature à la présidentielle du 26 juin.
Mais il est soupçonné de chercher à rentrer dans son pays.
La société civile et une partie de l'opposition mènent la contestation contre cette candidature qu'elles jugent inconstitutionnelle. Mais l'idée d'un troisième mandat du sortant, déjà élu en 2005 et 2010, divisait aussi déjà depuis des mois jusqu'au sein de son parti, le Cndd-FDD.
Personnalité respectée, considéré comme un homme de dialogue, le général Niyombare est d'ailleurs, comme Pierre Nkurunziza, issu de la rébellion hutu qu'était le Cndd-FDD pendant la sanglante guerre civile (1993-2006).
Après le conflit, il était devenu chef d'état-major adjoint, puis chef d'état-major de l'armée. Nommé en décembre 2014 à la tête du Service national de renseignements (SNR), il avait été limogé trois mois plus tard, après avoir déconseillé au président de briguer un troisième mandat.
La communauté internationale, déjà inquiète des tensions qui ne cessaient de croître au Burundi, a multiplié les appels à la retenue depuis mercredi.
La guerre civile, qui a fait quelque 300.000 morts, hante encore les esprits au Burundi. Mais l'histoire post-coloniale de ce petit pays d'Afrique des Grands Lacs, ex-protectorat belge, a été jalonné d'autres massacres interethniques entre Tutsi et Hutu.
En Tanzanie mercredi, les dirigeants est-africains ont condamné le coup d'Etat et demandé un report des élections. Avant la présidentielle, des législatives et communales étaient prévues le 26 mai.
Jeudi, le conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a condamné l'utilisation de la "force" pour prendre le pouvoir et annoncé l'envoi "d'observateurs des droits de l'homme". La France a appelé à la fin des violences.
Le Conseil de sécurité devait tenir jeudi des consultations d'urgence.
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