Fusillade de Bruxelles:les victimes sont un employé,une bénévole française et un couple de touristes
Fusillade de Bruxelles:les victimes sont un employé,une bénévole française et un couple de touristes
📅 Lundi 26/05/2014 a 11:53 | ✍️ Maufranc Mongai | 👁 893 lecture(s) | 💬 0 reaction(s)
Article de Jérôme SAGE publié ce matin dans Le Parisien et ;
Repris par Maufranc MONGAI sur le site d’ACUBO pour votre information.
Fusillade de Bruxelles : les victimes sont un employé, une bénévole française et un couple de touristes
L'attaque n'a duré qu'une poignée de secondes mais a fauché quatre vies.
Et l'espoir entretenu jusqu'hier de sauver l'une d'entre elles s'est évanoui.
Agé de 25 ans, Alexandre Strens était la plus jeune des cibles du tueur.
Ce Belge travaillait depuis seulement quelques mois au Musée juif de Belgique, lieu de mémoire et de partage des cultures juives des Pays-Bas et de Belgique.
• Fusillade de Bruxelles : émotion et crainte de nouveaux meurtres
« Il avait commencé en tant que préposé à l'accueil, avant de devenir attaché de communication », note Chouna Lomponda, chargée de communication du musée et dont Alexandre était un proche collaborateur.
« C'était un garçon plein de vie, toujours souriant, charmant avec les visiteurs », ajoute-t-elle au sujet de cet ancien étudiant en communication de l'université de Louvain.
« Alexandre avait envie de faire de la politique, pour donner de l'espoir aux jeunes », dit encore Chouna Lomponda.
Dernier d'une famille nombreuse de Schaerbeek, en banlieue nord de Bruxelles, né d'un père kabile et d'une mère juive, le jeune homme, « très attaché à la culture juive » selon une proche, s'est éteint à l'hôpital Saint-Pierre, où il avait été transporté immédiatement après le drame.
Le sort des époux Riva, Emanuel et Miriam, 54 et 53 ans, a été scellé dès l'arrivée des secours dans l'entrée du musée. Anciennement expatriés en Allemagne, ces touristes originaires de Tel-Aviv étaient comptables au ministère des Finances israélien, selon un ami de la famille cité par un site israélien. Un « couple formidable, des gens bons, le sel de la terre », ajoute ce même proche, précisant que le couple laissait derrière lui deux orphelines de 15 et 16 ans.
Quatrième victime du tueur, Dominique S., elle, était française. Depuis quelques semaines, cette femme de 66 ans s'était engagée comme bénévole dans l'équipe du Musée juif, pour aider à l'accueil des visiteurs, participer aux vernissages et autres événements...
« Elle venait surtout le dimanche, note une représentante de l'institution. C'était une femme discrète. Il y a quelques jours, elle revenait de France... »
La Française vivait apparemment à Uccle, commune huppée au sud de la capitale. Dominique et les autres victimes se sont trouvées au mauvais endroit au mauvais moment, au coeur de ce quartier de Bruxelles peuplé d'antiquaires, de touristes, et depuis samedi de policiers.
La perte de ces collaborateurs du musée et la mort violente de ses visiteurs risquent de marquer l'institution, qui a ouvert ses portes en 2005. « Il y a depuis plusieurs années un plan de rénovation du musée, qui a été plusieurs fois repoussé, remarque Charlotte Gutman, vice-présidente du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB). Jusqu'à maintenant, ces travaux, prévus pour janvier prochain ne comprenaient pas de dispositif de sécurité, ce qui montre à quel point ce lieu vivait jusqu'alors en liberté. Bien entendu, ça va changer... »
Le Parisien
EMOTION ET CRAINTE DE NOUVEAUX MEURTRES
Bruxelles, hier. De nombreux habitants sont venus déposer fleurs, cartes et bougies devant la porte du Musée juif de Belgique. | (Reuters/Eric Vidal.)
Ils sont venus se recueillir en silence en ce dimanche matin ensoleillé, devant la porte du Musée juif de Belgique barrée par un large scotch apposé la veille par les forces de police. Les yeux rougis par l'émotion, Nathan et Margaux ont déposé une rose blanche devant l'édifice mitoyen de leur appartement.
« Je passe tous les matins devant cette porte, je ne peux pas vous dire ce que je ressens, je n'ai pas les mots », lâche cet antiquaire quadragénaire.
• Les victimes sont un employé, une bénévole française et un couple de touristes
« Une infinie tristesse et une révolte », ajoute sa compagne, qui avoue ne pas avoir fermé l'oeil de la nuit. Présent sur place dès les premières lueurs du jour, Maurice Sosnowski,président du comité de coordination des organisations juives de Belgique, souligne que « le meurtrier connaissait les lieux, savait que celui-ci n'était pas gardé. Il a agi avec une détermination et une froideur qui révulsent ».
De son côté, Simone, une retraitée de 74 ans qui habite la rue voisine des Chandeliers, estime que ce sont bien les juifs qui étaient visés : « C'est un attentat antisémite, comme ce pays en a connu déjà il y a plusieurs années. Il faut que la communauté s'organise et se protège, car la prochaine fois, des enfants pourraient être visés. »
La peur d'un nouvel attentat était évoquée hier en fin d'après-midi, lorsque un millier de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de la place Poelaert, où une minute de silence a été respectée. « Je ressens un sentiment étrange », confie Pauline, une professeur d'espagnol de 34 ans venue avec sa fille de 4 ans. « A la fois l'émotion du deuil, mais aussi la crainte de nouveaux meurtres, comme vous avez pu connaître en France avec l'affaire Merah. »
Octave, 31 ans, employé d'une enseigne de restauration rapide, juge qu'au-delà de la communauté juive une nouvelle fois meurtrie par « ces actes ignobles, ce sont tous les Belges qui sont aujourd'hui les victimes de ce drame. Un tel crime à la veille d'un scrutin si important ne va favoriser que les extrêmes, et donner raison à ceux qui attisent la peur de l'autre. Pour moi, la date n'est pas un hasard ».
Le Parisien
Repris par Maufranc MONGAI sur le site d’ACUBO pour votre information.
Fusillade de Bruxelles : les victimes sont un employé, une bénévole française et un couple de touristes
L'attaque n'a duré qu'une poignée de secondes mais a fauché quatre vies.
Et l'espoir entretenu jusqu'hier de sauver l'une d'entre elles s'est évanoui.
Agé de 25 ans, Alexandre Strens était la plus jeune des cibles du tueur.
Ce Belge travaillait depuis seulement quelques mois au Musée juif de Belgique, lieu de mémoire et de partage des cultures juives des Pays-Bas et de Belgique.
• Fusillade de Bruxelles : émotion et crainte de nouveaux meurtres
« Il avait commencé en tant que préposé à l'accueil, avant de devenir attaché de communication », note Chouna Lomponda, chargée de communication du musée et dont Alexandre était un proche collaborateur.
« C'était un garçon plein de vie, toujours souriant, charmant avec les visiteurs », ajoute-t-elle au sujet de cet ancien étudiant en communication de l'université de Louvain.
« Alexandre avait envie de faire de la politique, pour donner de l'espoir aux jeunes », dit encore Chouna Lomponda.
Dernier d'une famille nombreuse de Schaerbeek, en banlieue nord de Bruxelles, né d'un père kabile et d'une mère juive, le jeune homme, « très attaché à la culture juive » selon une proche, s'est éteint à l'hôpital Saint-Pierre, où il avait été transporté immédiatement après le drame.
Le sort des époux Riva, Emanuel et Miriam, 54 et 53 ans, a été scellé dès l'arrivée des secours dans l'entrée du musée. Anciennement expatriés en Allemagne, ces touristes originaires de Tel-Aviv étaient comptables au ministère des Finances israélien, selon un ami de la famille cité par un site israélien. Un « couple formidable, des gens bons, le sel de la terre », ajoute ce même proche, précisant que le couple laissait derrière lui deux orphelines de 15 et 16 ans.
Quatrième victime du tueur, Dominique S., elle, était française. Depuis quelques semaines, cette femme de 66 ans s'était engagée comme bénévole dans l'équipe du Musée juif, pour aider à l'accueil des visiteurs, participer aux vernissages et autres événements...
« Elle venait surtout le dimanche, note une représentante de l'institution. C'était une femme discrète. Il y a quelques jours, elle revenait de France... »
La Française vivait apparemment à Uccle, commune huppée au sud de la capitale. Dominique et les autres victimes se sont trouvées au mauvais endroit au mauvais moment, au coeur de ce quartier de Bruxelles peuplé d'antiquaires, de touristes, et depuis samedi de policiers.
La perte de ces collaborateurs du musée et la mort violente de ses visiteurs risquent de marquer l'institution, qui a ouvert ses portes en 2005. « Il y a depuis plusieurs années un plan de rénovation du musée, qui a été plusieurs fois repoussé, remarque Charlotte Gutman, vice-présidente du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB). Jusqu'à maintenant, ces travaux, prévus pour janvier prochain ne comprenaient pas de dispositif de sécurité, ce qui montre à quel point ce lieu vivait jusqu'alors en liberté. Bien entendu, ça va changer... »
Le Parisien
EMOTION ET CRAINTE DE NOUVEAUX MEURTRES
Bruxelles, hier. De nombreux habitants sont venus déposer fleurs, cartes et bougies devant la porte du Musée juif de Belgique. | (Reuters/Eric Vidal.)
Ils sont venus se recueillir en silence en ce dimanche matin ensoleillé, devant la porte du Musée juif de Belgique barrée par un large scotch apposé la veille par les forces de police. Les yeux rougis par l'émotion, Nathan et Margaux ont déposé une rose blanche devant l'édifice mitoyen de leur appartement.
« Je passe tous les matins devant cette porte, je ne peux pas vous dire ce que je ressens, je n'ai pas les mots », lâche cet antiquaire quadragénaire.
• Les victimes sont un employé, une bénévole française et un couple de touristes
« Une infinie tristesse et une révolte », ajoute sa compagne, qui avoue ne pas avoir fermé l'oeil de la nuit. Présent sur place dès les premières lueurs du jour, Maurice Sosnowski,président du comité de coordination des organisations juives de Belgique, souligne que « le meurtrier connaissait les lieux, savait que celui-ci n'était pas gardé. Il a agi avec une détermination et une froideur qui révulsent ».
De son côté, Simone, une retraitée de 74 ans qui habite la rue voisine des Chandeliers, estime que ce sont bien les juifs qui étaient visés : « C'est un attentat antisémite, comme ce pays en a connu déjà il y a plusieurs années. Il faut que la communauté s'organise et se protège, car la prochaine fois, des enfants pourraient être visés. »
La peur d'un nouvel attentat était évoquée hier en fin d'après-midi, lorsque un millier de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de la place Poelaert, où une minute de silence a été respectée. « Je ressens un sentiment étrange », confie Pauline, une professeur d'espagnol de 34 ans venue avec sa fille de 4 ans. « A la fois l'émotion du deuil, mais aussi la crainte de nouveaux meurtres, comme vous avez pu connaître en France avec l'affaire Merah. »
Octave, 31 ans, employé d'une enseigne de restauration rapide, juge qu'au-delà de la communauté juive une nouvelle fois meurtrie par « ces actes ignobles, ce sont tous les Belges qui sont aujourd'hui les victimes de ce drame. Un tel crime à la veille d'un scrutin si important ne va favoriser que les extrêmes, et donner raison à ceux qui attisent la peur de l'autre. Pour moi, la date n'est pas un hasard ».
Le Parisien
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