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Journée Internationale de la Femme:Messieurs, voilà comment vous pouvez vous rendre utiles ce 8 mars

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Journée Internationale de la Femme:Messieurs, voilà comment vous pouvez vous rendre utiles ce 8 mars

📅 Mardi 07/03/2017 a 15:43  |  ✍️ Maufranc Mongai  |  👁 1618 lecture(s)  |  💬 1 reaction(s)

Messieurs, voilà comment vous pouvez vous rendre utiles ce 8 mars

Nadia Daam — 07.03.2017 - 8 h 15, mis à jour le 07.03.2017 à 10 h 16

Une fois dans l'année, ça se tente...

Il semblerait que le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, soit devenue une affaire d'hommes. Ces messieurs sont, en effet, appelés à témoigner de façon tapageuse et photogénique leur solidarité à l'endroit des femmes. Qui en se collant du rouge à lèvres sur les lippes pour sensibiliser la population à la question des violences faites aux femmes. Qui en offrant un repose-cuillère, une corbeille de fruits ou un reblochon fermier (???) parce que «si cette journée a vocation à défendre leurs droits, à promouvoir l'égalité entre les sexes, c'est aussi l'occasion de saluer ces femmes de l'ombre ou du quotidien qui assument pleinement des rôles aussi variés que ceux de femme, mère, amante, travailleuse...». Qui en posant avec une poule sous le bras.

Vous serez peut-être tenté d'inscrire gratuitement votre dulcinée pour qu'elle puisse «se faire dorloter et se transformer en femme fatale des années 1940» grâce aux bons conseils d'un certain Monsieur Vintage. Moins onéreux encore, vous songez à monter sur scène pour présenter un spectacle entièrement constitué de blagues sur les soldes, les belle-mères, et vous poser en «défenseur de la gente féminine» à moindre frais? Ou à enfiler une paire de chaussures à talons pour dire non au sexisme (et si en plus, ça fait rigoler les copains)?

Profitez-en

Si ces façons d'exprimer votre soutien vous semblent manquer de panache, et si vous tenez tant à participer à cette gigantesque mascarade qu'est devenu le 8 mars, je vous recommande fortement d'appliquer le conseil suivant.

Vous êtes prêt?

Alors, messieurs,

le 8 mars,

NE FAITES RIEN.

TAISEZ-VOUS.

ON JOUE AU ROI DU SILENCE. Le premier qui l'ouvre a perdu.

FAITES-VOUS TOUT PETITS

NON, JE VOUS VOIS ENCORE MONSIEUR. DÉCALEZ-VOUS ENCORE UN PETIT PEU POUR SORTIR DU CADRE DE LA PHOTO.

Non, on vous jure. N'insistez pas. On n'a pas besoin de roses, de sachets de chouquettes au bureau ou que vous nous nous teniez la porte parce que «profitez-en, c'est la journée de la femme». Reposez-tout de suite ce bon de commande Interflora avant de commettre l'irréparable. Et surtout, SURTOUT, ne donnez pas votre avis sur l'égalité hommes-femmes, le viol, les violences domestiques, les inégalités de salaire, le sexisme, le machisme, la misogynie, la parité... Et ne songez même pas à enfiler votre cape «superpro-fem» en ouvrant grand la bouche pour gober des cookies.

Le plus insupportable

Pourquoi? Et bien parce que le 8 mars représente une journée sur 365 (24 heures sur 8.760) et est censée mettre en avant la question des droits des femmes, les solutions idoines à y apporter et offrir une caisse de résonnance aux revendications féministes. Lesquelles féministes n'ont pas attendu l'ONU pour réclamer de véritable mesures pour qu'enfin, l'objectif visant à atteindre la parfaite égalité hommes-femmes soit assorti de mesures concrètes. Mais ce qui est franchement insupportable, et somme toute révélateur, c'est que même ce jour-là, il se trouve encore des hommes pour vouloir escamoter la parole et la présence des femmes en donnant leur petit avis éclairé, voire pour se poser en parangon de la lutte pour l'égalité.

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Comme si les hommes ne pouvaient souffrir, l'espace d'une seule journée, de ne pouvoir s'exprimer et d'occuper un poil moins l'espace. Comme si, surtout, tout le reste de l'année, les hommes n'étaient pas omniprésents, constamment invités à s'exprimer et à dominer le processus médiatique, politique, et économique.  

Rappelons-le:

Les femmes ne représentent que 14,2% des représentations en une des journaux, que 12,5% des chroniques et des éditos, 17% des tribunes, et les titres de presse ne leur consacrent que 15,5 % des interviews.

Il n'y a guère plus de parité sur les plateaux télé: selon le baromètre 2015 du CSA, les femmes représentent ne 37% seulement des personnes apparaissant à la télévision.

Et quand elles sont physiquement présentes, il arrive que les hommes parviennent à oublier leur existence. (coucou Arnaud Montebourg)

Si ces dernières se risquent à prendre la parole, elles seront systématiquement interrompues par les hommes. Quand une femme journaliste tentera, à la radio, d'expliquer ce qu'est le manterrupting à des hommes, elle sera elle-même interrompue pendant de longues minutes.

Au parlement français, seules 27% des députés et et 25% des sénateurs sont des femmes. Être une femme et prendre la parole face à ces messieurs peut exposer à des cris de poules et des commentaires sur la robe de cette dernière. Vous verrez également votre nom de famille disparaître comme par enchantement.

Attendez-vous à vous faire traiter de pute

Les conseils d'administration des du CAC 40, ne comptent que 30% de femmes, et les conseils exécutifs restent à 90% masculins.

Quand les femmes prennent la parole pour dénoncer un procédé sexiste, elles devront affronter la chouine d'homme qui hurlent à la misandrie.

Vous rédigez un article à propos des poches des hommes plus grandes que celle des femmes? Attendez-vous à vous faire traiter de pute. 

Nom de Dieu: le simple fait d'être une femme et de prendre le métro vous conduira à vous faire toute petite pour que ces messiers puissent étaler leur parties génitales.

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On pourrait continuer longtemps à égrener chiffres, statistiques et événements qui prouvent de façon implacable que les femmes sont invisibilisées, et leur parole confisquée toute l'année. Et ce n'est pas en organisant un lâcher de lanternes flottantes, ni en tendant des micros aux hommes à l'occasion de la SEULE  journée de l'année officiellement dédiée à la lutte pour l'égalité et les droits des femmes, que l'équilibre sera établi.

Alors, messieurs. Chut.

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Maufranc Mongai 08-03-2017 a 13h09
Une Journée internationale de la femme sur fond de revendications
Guillemette Mahieux (avec AFP), le 08/03/2017 à 9h18

Officialisée en 1977 par l’ONU, la Journée internationale de la femme fête son 40e anniversaire.
ZOOM
Des étudiantes indiennes se préparent pour la « journée de la femme », à Chennai le 7 mars 2017. / Arun Sankar/AFP

La Journée internationale de la femme fête son 40e anniversaire, puisqu’elle fut instaurée officiellement le 8 mars par l’ONU en 1977. On peut pourtant considérer que cette année marque son centenaire. C’est en effet à partir des grèves d’ouvrières à Saint-Pétersbourg, en 1917, que la tradition se met en place. 1917, soit sept ans après que la révolutionnaire et féministe allemande Clara Zetkin (1857-1933) a réclamé, en 1910, l’instauration de cette journée pour faire entendre les revendications des femmes : droit de vote, droit au travail, place dans le monde professionnel, dans la vie sociale, dans la famille…

Des femmes persécutées

Un siècle plus tard, cette journée demeure, et avec elle nombre de revendications pour défendre les droits à l’égalité, la liberté, l’éducation, et droit au respect dans l’intégrité physique ou morale, et ce dans la plupart des régions du monde.
En témoigne notamment le prix Sakharov remis cette année par le parlement européen à Nadia Murad et à Laima Haji Bachar, toutes deux représentantes de la minorité Yézidie en Syrie persécutée par Daech, enlevées et contraintes à l’esclavage sexuel par des milices.
Avant elles, il y avait eu notamment Malala Yousafzai, cette Pakistanaise de 16 ans attaquée par des talibans alors qu’elle sortait de l’école et devenue depuis un symbole de la lutte pour l’éducation et contre l’intransigeance d’où qu’elle vienne.

Une journée de revendication salariale en Europe

Dans le monde occidental aussi, les femmes ont en ce 8 mars des revendications fortes, comme l’atteste ce mot d’ordre distribué aux salariées dans différentes entreprises : « Le 8 mars est la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. Ce n’est pas la journée où on offre des fleurs ! Tout le temps de travail confondu, les hommes gagnent en France 23 % de plus que les femmes. À partir de 15 h 40, l’ensemble des femmes travaille bénévolement ».

Cette contestation des inégalités salariales
hommes/femmes n’est pas nouvelle. Le collectif « Les Glorieuses », en 2016, avait pointé du doigt cet écart salarial après avoir étudié les chiffres Eurostat en la matière à l’échelle de l’Union européenne : les femmes gagnent en moyenne, à niveau de compétences égal, 23 % de moins que les hommes. L’OIT (Organisation Internationale du Travail) affirme qu’il faudra 70 ans pour résorber l’écart de salaires homme/femmes.

Sous-représentées dans le monde du travail

Au même moment, le Parlement européen décide précisément de se pencher, cette année, sur le rôle des femmes dans l’économie. Plus il est important, plus l’emploi et le bien-être économique se développent, disent les indicateurs. Or les femmes sont 655 millions de moins que les hommes dans le monde du travail, et pour 88 % d’entre elles, entre 30 et 39 ans, la naissance d’un enfant est synonyme de baisse de revenus.
24 % des managers dans le monde sont des femmes, indiquent encore les données mises en avant par le parlement européen. En Europe, leur nombre dans les conseils d’administration augmente, mais seules 4,6 % ont un poste de directrice générale.

Aux États-Unis, la colère de la Marche des femmes

Aux États-Unis, l’inégalité homme/femme est elle aussi omniprésente depuis l’élection de Donald Trump, et les revendications se sont exprimées avec force dès le 21 janvier, lendemain de son investiture, lors de la « Marche des Femmes ». Près de 2 millions de femmes américaines ont défilé dans le pays, bonnet rose sur la tête, afin de protester à la fois contre les propos irrespectueux voire dégradants du nouveau président envers les femmes, mais aussi contre son programme politique – notamment sur la question de l’avortement.
Lire : L’Église américaine salue la décision de Trump sur l’avortement
Guillemette Mahieux (avec AFP)
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