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Primaire à gauche : ce qu’il faut retenir du troisième débat !

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Primaire à gauche : ce qu’il faut retenir du troisième débat !

📅 Vendredi 20/01/2017 a 13:32  |  ✍️ Maufranc Mongai  |  👁 605 lecture(s)  |  💬 0 reaction(s)

Primaire à gauche : ce qu’il faut retenir du troisième débat !

M6info19 janvier 2017

À trois jours du premier tour de la primaire organisée par le PS, les sept candidats s’affrontaient jeudi soir pour un ultime débat télévisé. 

Acte 3. Personne ne se dégageant nettement jusqu’alors, le débat de jeudi soir s’avérait décisif pour les sept candidats qui s’opposaient dans le cadre de la primaire de la gauche : Manuel Valls, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon (Parti socialiste), François de Rugy (Parti écologiste), Sylvia Pinel (Parti radical de gauche) et Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate).

Les prétendants à l’investiture ont une nouvelle fois pu échanger leurs idées sur différents thèmes : revenu universel, protection sociale, assurance maladie, l’hébergement des sans-abris, le protectionnisme, Donald Trump ou encore Emmanuel Macron.

À noter également, le président François Hollande, qui s’était rendu au théâtre lors du deuxième débat télévisé, a cette fois suivi en direct ce dernier rendez-vous, a indiqué son entourage.

Objectif “Zéro SDF”

Première à intervenir, la radicale de gauche Sylvia Pinel, ex-ministre du Logement, a insisté sur “la nécessité de protéger nos concitoyens, notamment les SDF, du froid mais aussi tout au long de l’année”.

Ex-ministre socialiste de l’Economie, Arnaud Montebourg, a répondu : “Je crois que c’est possible”. Il a prôné en particulier que l’Etat investisse dans les centres d’hébergement d’urgence, ne trouvant “pas idéal” que “l’Etat paye des chambres d’hôtel, parce qu’il n’y a pas de suivi social”.

Pour Vincent Peillon, “oui, notre pays a les moyens de faire davantage pour ceux qui font moins”, quand “tant d’inégalités (…) de mauvais comportements”, comme celui de Serge “Dassault”, “tant d’argent versé, 400 millions pour M. Tapie ou 1,5 milliard pour l’écotaxe”.

Benoît Hamon a considéré un engagement de zéro SDF “extrêmement difficile et grave à prendre”, sachant que “la pauvreté a augmenté” mais que “le gouvernement n’est pas resté sans agir”.

L’ex-ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire a notamment préconisé d’individualiser la réponse, qui peut “relever parfois de soins psychiatriques, de besoins d’insertion”.

Manuel Valls, lui “se méfie des slogans” mais rappelle que “7 à 9 millions de pauvres, c’est insupportable” et qu’il faut un effort considérable pour lutter contre ces pauvretés”.

L’écologiste Jean-Luc Bennahmias s’est engagé à “améliorer l’accès aux services de renseignement” sur les hébergements, les moyens du Samu social, des associations.

Ne croyant pas qu'”il faille des mots d’ordre” vu “des réalités humaines extrêmement diverses”, François de Rugy a suggéré “un quota de capacités d’hébergement, des logements, parfois d’autres structures” négocié entre Etat et collectivités, et “si les collectivités refusent, imposé par l’Etat”.

Le revenu universel

Plusieurs candidats ont pris à parti Benoit Hamon et sa proposition de revenu universel. Manuel Valls, qui a recentré sa campagne après un début très à gauche, a dit ne pas vouloir d’une “gauche qui fait des promesses à crédit pour ne pas qu’elle perde demain son crédit”.

“Le revenu universel on demande toujours combien ça coûte, mais qu’est ce que ça rapporte ?”, rétorque Benoît Hamon. “Ça éradique la pauvreté, ça crée 600 000 emplois étudiants”. De plus, “ce n’est pas le budget de l’Etat qui va payer pour le revenu universel”.

Arnaud Montebourg a lui aussi ciblé Benoît Hamon, à qui il dispute une qualification pour le second tour : “300 milliards, c’est ‘l’équivalent du budget de l’Etat actuellement”. “Pour ma part, je préfère une stratégie sérieuse, ciblée robuste”, a fait valoir Arnaud Montebourg, s’attirant un réplique de Benoît Hamon : “tu n’as pas le droit, ce n’est pas sérieux”. Vincent Peillon et Sylvia Pinel ont aussi critiqué la proposition de Benoit Hamon qui semble bénéficier d’une dynamique à trois jours du premier tour de la primaire.

Protection sociale et assurance maladie

Les candidats de la primaire PS élargie veulent tous “sauvegarder la sécu”, que François Fillon menace selon eux, mais divergent sur le rôle des mutuelles.

Vincent Peillon tout comme Arnaud Montebourg ont plaidé pour “une complémentaire santé publique”. Ce dernier propose une “mutuelle publique” pour 10 euros par mois avec une couverture pour l’optique, les dents, et l’audition. “Ce sera une mutuelle de la sécurité sociale”, a-t-il dit.

L’ancien Premier ministre a lui assuré que ce sujet allait être “un des sujets majeurs de cette élection”, alors que la gauche pilonne depuis son élection fin novembre le programme de François Fillon, accusé de vouloir privatiser la sécurité sociale. Il faut “sauvegarder, conforter la sécurité sociale, c’est un élément central, majeur, du débat qui s’ouvre devant les Français”, a déclaré Manuel Valls.

L’écologiste François de Rugy a lui critiqué le principe d’une assurance maladie universelle, qui remplacerait les complémentaires santé, car “il faudrait retrouver 42 milliards d’euros”. “La droite de François Fillon, il ne faut pas l’oublier, son projet c’est de ramener la sécurité sociale au strict minimum, c’est une assurance maladie au rabais”. “Je défends un système mixte”, tel qu’il existe aujourd’hui, a-t-il prôné.

Sylvia Pinel, radicale de gauche, a elle aussi prôné “la préservation de notre modèle de santé”. “Il ne faut pas dérembourser certains actes, comme l’IVG, ou certaines propositions de cette droite ultralibérale qui veut effectivement tout transférer vers les assurances privées”. Jean-Luc Bennahmias a plaidé en faveur du système mutualiste.

Cartes blanches

Séquence inédite, chaque candidat disposait d’une minute de “carte blanche” pour parler librement d’une proposition de son choix.

Jean-Luc Bennahmias souhaite faire en sorte de créer “un socle” commun à plusieurs pays de l’Union européenne pour harmoniser le salaire minimum ou le volet fiscal.

Manuel Valls propose un service civique obligatoire de six mois.

François de Rugy souhaite que le Parlement débatte d’un texte sur l’euthanasie. “S’il y a des blocages, je le soumettrai par référendum ” a-t-il précisé.

Benoît Hamon lui aussi défend le droit à mourir dignement. “Il faut permettre à toutes les personnes vulnérables l’accès aux soins palliatifs.”

Vincent Peillon a deux propositions : la création d’un service public de maisons de retraite et la transformation de la transmission des patrimoines, pour “que l’on puisse donner plus jeune”.

Arnaud Montebourg a choisi les discriminations comme cause nationale. Prenant en exemple un jeune, Hakim, ayant envoyé 280 CV restés sans réponse, mais qui en a reçu deux en changeant son prénom pour Sébastien.

Sylvia Pinel voulais parler des personnes en situation de handicap. “Aujourd’hui il faut relancer, construire, un certain nombre d’établissements. […] Il faut faciliter l’accueil temporaire, accompagner la silver economy.”

Le protectionnisme

Le thème du protectionnisme a aussi permis à certains d’afficher leurs divergences. Arnaud Montebourg a ainsi épinglé “le gouvernement qui a été dirigée par Manuel Valls” sur le remplacement du fusil Famas, produit en France, par celui confectionné par une “entreprise étrangère, sans lui demander de travailler en France”, le fusil HK allemand.

En septembre dernier, l’armée française a annoncé qu’elle remplacerait ses traditionnels fusils Famas, produits à Saint-Etienne, par des fusils HK de production allemande. Arnaud Montebourg s’est offusqué : “le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de faire travailler une entreprise étrangère, sans même lui demander de venir le fabriquer en France”.

Les relations à mener avec Trump

Les candidats à la primaire de la gauche en France ont déclaré prendre au sérieux les menaces contre l’Europe proférées par le président américain Donald Trump, qui entre en fonction vendredi à Washington. Dans une interview accordée au Bild allemand et au Times britannique, le président élu qualifie l’Otan d'”obsolète” et juge que la politique d’accueil des migrants en Allemagne a été une “erreur catastrophique”.

Pour Manuel Valls, “les mots de Trump sont une véritable déclaration de guerre politique”. “Le monde est périlleux, est dangereux, et l’Europe et la France doit le protéger. J’utilise ce mot parce que je veux prouver à mes compatriotes que le monde est en train de changer”, a déclaré l’ancien Premier ministre. A ses côtés, Vincent Peillon a déploré l’emploi du mot “guerre”.

“Il ne faut pas faire la guerre tout le temps et à tout le monde”, a estimé le député européen. “Ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est que les États-Unis sont nos alliés. Donald Trump fait beaucoup de déclarations. Pour l’instant, on a à le juger aux actes”

Pour l’ancien ministre Arnaud Montebourg, les positions nationalistes exprimées par le nouveau président américain donnent une responsabilité à l’Europe. “La question européenne est très importante. La France est en train de s’effondrer, attaquée de l’intérieur et de l’extérieur. Nous devons travailler à un nouveau traité de Rome”, a-t-il estimé.

Benoît Hamon voit quant à lui dans la position américaine une nouvelle raison, pour l’Europe, de “renforcer son projet de défense commune”.

L’écologiste François De Rugy s’est particulièrement inquiété du scepticisme de Donald Trump vis-à-vis de l’accord mondial contre le réchauffement climatique. “Moi, je n’ai pas envie de rire quand je vois la politique qu’il prépare”, a-t-il dit. “Il y a quelque chose d’extrêmement grave qui est en train de se passer.”

Emmanuel Macron

Les candidats ont aussi été interrogés sur la politique française, et notamment sur Emmanuel Macron. Arnaud Montebourg estime qu’il y a “quelque chose de confus dans la candidature de Macron” : “je ne comprends pas qu’on aille au Puy du Fou faire l’éloge de De Villiers; puis faire l’éloge de Mitterrand, puis faire l’éloge de Giscard.”

Vincent Peillon n’a pas épargné non plus le jeune ancien ministre de l’Economie. “Emmanuel Macron on l’a connu jeune ministre, raisonnable. Là il mène une aventure respectable” mais “c’est dommage qu’il ne soit pas venu débattre avec nous”, lâche Vincent Peillon.

Sylvia Pinel considère que “le véritable courage de M. Macron aurait été de participer à la primaire”. “Cela aurait été une marque de loyauté par rapport à son camp, qui lui a permis d’être ministre. Moi, je ne crois pas à l’homme providentiel”.

La personne qui gagnera la primaire “aura une légitimité que Macron n’aura pas”, estime quant à lui Benoît Hamon.

“Libre-échangisme”

Enfin il y a eu un moment insolite suivi de rires lorsque le journaliste Fabien Namias a interrogé le candidat écologiste. “François de Rugy, vous êtes apparemment celui qui est le plus libre-échangiste sur ce plateau ?”

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