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Remaniement : pourquoi ça coince entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe
du Jeudi 11/10/2018 à 19:02
publiée par Maufranc Mongai

Remaniement : pourquoi ça coince entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe

>Politique|Olivier Beaumont, Nathalie Schuck, Pauline Théveniaud, avec Jannick Alimi

 

Alors que le remaniement se fait attendre, c’est en présence de l’actuel gouvernement que devrait se tenir le Conseil des ministres mercredi matin.

Mais que se passe-t-il donc entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe ? Il y a encore trois jours, les macronistes misaient sur un calendrier réglé comme du papier à musique : une démission du Premier ministre en début de semaine, annonçant un remaniement large dans la foulée, puis un discours de politique générale avec vote de confiance devant l’Assemblée.

 

En haut lieu, ils étaient même plusieurs à vanter les mérites de ce modus operandi censé lancer « l’an II » du quinquennat, ce fameux nouveau souffle tant attendu pour permettre à Macron de reprendre la main. Curieusement, mardi, les mêmes qui pariaient sur ce scénario avaient totalement changé de pied !

 

C’est que la machine s’est grippée. Et pour plusieurs raisons. Celle du casting, tout d’abord. « Il y a deux ou trois cas tranchés, comme les départs de Mézard et Travert. Mais pour le reste, c’est le grand flou. Ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le casting », confie un ministre. Quand certains auraient carrément refusé de répondre favorablement aux sirènes du pouvoir. C’est notamment le cas de Mathieu Klein, ancien porte-parole de Manuel Valls à la primaire de 2017, qui a fait savoir sur Twitter qu’il déclinait la proposition.

 

Des ministres qui démissionnent, des personnalités qui refusent d’entrer au gouvernement… c’est le monde à l’envers ! Voilà qui en dit long, en tout cas, sur les difficultés à recruter de cette majorité très - trop ? - éclectique, et dépourvue d’un vivier dans lequel puiser. « Ce remaniement qui traîne, c’est aussi parce qu’on manque de personnalités », constate, amer, un cadre de la majorité.

 

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Autre écueil, et non des moindres, les réticences du Premier ministre à en passer par une démission. « Il y a eu une bagarre très forte avec le président pour qu’il fasse ce discours de politique générale. Mais Édouard Philippe n’avait pas envie d’un vote de confiance qui l’affaiblisse », assure un membre du premier cercle présidentiel. Le locataire de Matignon n’ignore sûrement pas qu’il aurait récolté moins que les 370 voix rassemblées, juste après sa nomination, le 4 juillet 2017, lors de son premier - et unique - discours de politique générale.

 

«Une crise qui fragilise et ridiculise le Premier ministre»

« Ça casserait le nouveau souffle si le gouvernement était affaibli avec des pertes en ligne à l’Assemblée qui sont inévitables », abonde un vieil ami du Premier ministre. Philippe n’oublie pas, non plus, l’affront fait à Richard Ferrand le 12 septembre, élu président de l’Assemblée avec 99 voix de moins que son prédécesseur François de Rugy en juin 2017.

 

D’autres évoquent enfin un Philippe « affaibli dans cette séquence », « incapable de faire valider ses arbitrages auprès du président de la République ». « Cela ouvre une crise qui fragilise et ridiculise le Premier ministre », se lâche même un ministre de premier rang. Avec le sentiment qu’Emmanuel Macron cherche à reprendre la main, alors que le chef du gouvernement s’était posé en facteur de stabilité dans les jours de vacillement qui ont suivi la démission de Gérard Collomb.

 

Mardi soir en tout cas, c’était « silence radio » du côté du Matignon. « Le remaniement se fera sans que le Premier ministre ne donne sa démission et celle du gouvernement », annonçait froidement l’Elysée, par le biais d’un simple communiqué. Suivi de l’annonce d’un conseil des ministres ce matin à 10 heures… comme si de rien n’était. « Personne ne nous parle, c’est tout de même dingue », soupire un ministre, potentiellement concerné par le jeu de chaises musicales. Un autre à qui l’on demande pourquoi ça traîne, se contente de cette réponse lapidaire : « Aucune idée, hélas… ». Bref, pour un « nouveau souffle », on a connu meilleure rampe de lancement.

 




 
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